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Puissant serpolet, concentré de vertus

Botaniquement, le thym appartient à la grande famille des Lamiacées. C'est un aromate de toute première importance. La liste de ses vertus est quasi infinie: Antiseptique, apéritif, digestif, stimulant, antispasmodique, le thym est cité comme médicament universel par les médecins grecs.


Utilisé depuis des générations, le thym serpolet est une des plantes sauvages les plus connues. Son odeur varie en fonction de la région où il pousse. Pas étonnant, donc, que son nom vienne du grec thymon, qui signifie parfum, alors que serpyllum est issu du latin serpere, ramper. Ce sous-arbrisseau, fortement aromatique, joue en effet les rase-mottes. Ses tiges ligneuses, qui ne dépassent guère les 10 centimètres de haut et tapissent le sol, forment de petits coussins de verdure qui, de juin à septembre, sont embellis d’une multitude de petites fleurs roses à pourpres.





Comme le lézard, le serpolet ou «thym sauvage» adore se pavaner au soleil. Il affectionne les endroits secs, les talus et les bords des chemins, ou les rochers qu’il «colonise» jusqu’à 3000 mètres d’altitude. Son feuillage persistant résiste au gel jusqu’à moins 20 degrés. Mais ce montagnard s’adapte parfaitement aux climats plus doux: on peut très bien le cultiver dans son jardin. Un espace où le «thym bâtard» est souvent confondu avec son cousin domestique, le thym des jardins (Thymus vulgaris) – qui, lui, pousse en petits buissons. Originaire de la Méditerranée, cette variété – qui ne résiste pas aux grands froids – a été apportée dans nos contrées au Xe siècle par les moines bénédictins.


Et si l’on confond les deux cousins? Pas grave, car les deux espèces présentent des propriétés similaires. Attention, la liste est longue, pour ne pas dire interminable. Antiseptique, apéritif, digestif, stimulant, antispasmodique, le thym est cité comme médicament universel par les médecins grecs Galien et Dioscoride – ce dernier prétend même qu’il est magique. On le retrouve au Moyen Age chez la religieuse allemande Hildegarde de Bingen, qui le mentionne comme remède contre la lèpre, la paralysie et les maladies des nerfs. Elle recommandait aussi de mélanger de la poudre de serpolet à du saindoux pour traiter les problèmes de peau, les impuretés et les boutons infectés.


Puissant désinfectant, le serpolet, tout comme le thym, a longtemps servi d’«antibiotique» aux gens pauvres. Très efficace pour soigner les maladies infectieuses, le serpolet soulage maux de gorge, aphtes, gingivites et affections des voies respiratoires. Il traite les désordres de la digestion et aide à absorber le fer contenu dans les aliments. Il lutte contre les parasites intestinaux, même chez les animaux. L’«herbe aux puces» fait aussi ses preuves dans la désinfection des étables et des écuries: d’excellents résultats y sont effectivement obtenus par vaporisation de son essence diluée dans une solution alcoolique. Ce n’est donc pas un hasard si les fourmis protègent leur habitat avec des brins de serpolet.


Cette herbe vivace contient des tanins, des principes amers, des flavonoïdes et surtout des huiles essentielles, dont du thymol. Elle stimule la circulation sanguine en cas d’anémie et de fatigue; elle atténue les douleurs rhumatismales et calme les crampes musculaires. Par voie externe, le serpolet resserre les pores de la peau et soigne les petites plaies.


Toutes ces vertus thérapeutiques ne doivent pas faire oublier la qualité première du serpolet: fortement aromatique, cette excellente épice agrémente de nombreux plats qu’elle rend plus digestes. Elle dégage son parfum délicat aussi bien sur des salades et des œufs brouillés que dans un pot-au-feu ou un poisson rôti au four. A noter que le serpolet présente l’avantage de combattre la mauvaise haleine. En parlant d’odeur, il faut savoir qu’avant l’apparition des célèbres Guerlain, Chanel et autres, les femmes se parfumaient avec du serpolet ou du thym. Cette pratique ancienne, qui était vraisemblablement assez courante, est décrite par l’ethnologue français Eugène Rolland. Dans son livre Flore populaire, il raconte que les coquettes se mettaient des herbettes entre… les seins. En plus de sentir bon, c’était fort joli.

 

UTILISATION

Récolte. Couper la plante un peu au-dessus du sol. Faire sécher dans un endroit sec, ombragé et bien aéré. La cueillette se fait lorsque le soleil est au zénith, soit au moment où les essences aromatiques sont le plus concentrées.

Tisane. Pour soigner la toux bronchique, le rhume, l’enrouement, la grippe, les refroidissements et les inflammations des voies urinaires. La tisane de serpolet fortifie tout l’organisme. Pour une tasse, verser de l’eau bouillante sur une cuillerée à café de la plante séchée. Infuser 5 minutes. Filtrer et boire 2 à 3 tasses par jour.

Teinture mère. En cas de bronchite. Prendre 20 gouttes dans un peu d’eau six fois par jour.

Bain. A utiliser quand tous les membres font mal et pour fortifier les enfants. Ajouter 200 grammes de serpolet frais à l’eau du bain.

 

L’astuce de Claude: une panacée domestique

«De la cave aux WC en passant par la cuisine, le serpolet et le thym sont des plantes miracle pour le ménage. Voici en vrac une série d’astuces et de conseils pratiques sur ces «bonnes à tout faire». Pour obtenir un désinfectant «maison» destiné aux toilettes, il suffit de laisser macérer pendant quelques semaines une poignée de serpolet frais dans une bouteille de vinaigre de nettoyage. Si vous conservez des légumes à la cave, ajoutez-y quelques branches de serpolet frais et vous aurez un fongicide naturel. En hiver, pour augmenter votre résistance aux infections, joignez d’office un peu de serpolet à vos salades, à vos soupes et à vos légumes pour fortifier vos défenses naturelles. Quelques gouttes d’essence de serpolet mélangées à du talc donnent un remède efficace contre les mycoses des pieds. C’en est assez? Vous n’en pouvez plus? Respirez du serpolet frais: cela éclaircit les idées et donne du courage pour les examens.»


Texte tiré du livre Les secrets du druide 1 - Voyage dans l'herbier médicinal de Claude Roggen, pp. 220-223, Editions du Bois Carré, Domdidier, 2018. En vente dans les drogueries Roggen et sur notre boutique en ligne shop.roggen.ch.


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